Luces Distantes

(2020-…)

Associant photographies, textes et vidéos, Luces Distantes est un projet participatif sur des communautés autochtones de l’Urabá, au nord de la Colombie, organisées en zones pacifistes pour résister à la spoliation et à la déforestation de leurs terres. Il est pensé sur un double questionnement : comment rendre visible l’éco-résistance d’une minorité là où préserver la vie de ses acteurs impose de ne pas montrer leur visage ? Comment cette contrainte fait-elle évoluer une recherche sur le portrait comme représentation de la personne par ses liens culturels environnementaux ?

Le projet a été développé entre février et mars 2020, en immersion dans trois communautés afro-colombiennes, descendantes d’esclaves marrons, qui se sont auto-proclamées « zone humanitaire » ou « zone de biodiversité ». Ce mode d’organisation original interdit ces enclaves à tout acteur armé du conflit. Il vise à opposer la non violence aux pressions – assassinat, corruption – exercées par les agro-industriels et les groupes narco-paramilitaires. Contrôlant la région, ceux-ci s’approprient illégalement les terres, défrichant l’une des zones humides, jungle et marais, parmi les plus biodiverses de la planète.

Dans une démarche collaborative avec les villageois, en demande de visibilité, ont été conçues une série de vidéo et quatre séries photographiques qui traduisent leur lutte tout en déjouant l’identification : dans ces dernières, ils ont recours à des masques végétaux, ou se font représenter par une partie de leur corps et une plante, propositions accompagnées de textes de leur main ; se font photographier de nuit en infrarouge, ou selon un protocole permettant de superposer numériquement leurs visages. La variété de ces propositions fait écho à l’ambition du projet, qui est d’être au plus près d’une résistance pour la diversité humaine et non-humaine. Elles dessinent une identité, et une territorialité, redéfinies par la mondialisation : fragmentée, transpercée par les réseaux tout autant que reliée au vivant.

Pdf du projet :


MASCARAS

Sept portraits de villageois portant des masques fabriqués à partir de plantes. Ils sont majoritairement accompagnés de textes sur calicots, écrits de leurs mains. Signés sous des alias, ces derniers libèrent une parole directe sur le lien qu’ils entretiennent avec leur environnement territorial, la nécessité et le danger de défendre celui-ci. Ces textes, sur tissu original ou sous la forme d’une édition photographiée, forment avec les portraits des diptyques.


CUERPOS Y PLANTAS

Représentation des villageois par photographies d’une partie de leur corps et d’une plante de leur biotope à laquelle ils demandent de les représenter. Composés de une à trois images, ces dix-huit « portraits environnementaux » sont également accompagnés de textes manuscrits sur calicot dans lesquels les villageois disent, sous alias, leur engagement et leurs peurs. Sur tissu original ou sous la forme d’une édition photographiée, ils forment avec les portraits des polyptyques.


VOCES DISTANTES

Onze vidéos (environ 1 mn 40 chacune) dans lesquelles les villageois filment l’artiste en train de lire leurs textes dans les paysages plantés des essences choisies pour les représenter.  Certaines, en cours de post-production, sont visibles sur ces liens :

Voz de Gabo
Vidéo, 1 mn32, 2020

Voz de Agua,
Vidéo, 1 mn39, 2020

Voz de Patricia
Vidéo, 1 mn39, 2020


Apariciones

La quarantaine de prises de vue nocturnes de cette série a été réalisée dans l’obscurité, à l’aveugle, avec une caméra de chasse infrarouge Minox. En surexposant les yeux et la peau, cette technique rend les traits du visage méconnaissable.En échange avec les villageois, il s’agissait, par un imaginaire relevant du conte et du « réalisme magique », d’évoquer la peur que ceux-ci vivent au quotidien. Ces photographies sont destinées à des impressions UV sur verre, et exposées sur des étagères, individuellement ou en frises à la composition libre.


Depix

Série de quatre portraits composites réalisés par superposition de plusieurs visages photographiés, créant ainsi un nouveau visage fictif. La composition est réalisée en post-production numérique, par assemblage de calques Photoshop. Pour générer ces calques, la première étape a été de photographier une bâche à motif de camouflage pixellisé, du type utilisé par les groupes paramilitaires. Chacune des cinq couleurs pixellisées du camouflage a ensuite été isolée afin de créer une couche correspondante à partie du visage de chaque personne photographiée. Ainsi, la partie du portrait d’une femme correspondant aux pixels kakis se retrouve superposé à la partie du portrait d’une autre femme correspondant aux pixels bruns, et ainsi de suite pour les autres couleurs. Par ce protocole, Depix évoque le caractère collectif d’une résistance, tout autant qu’un déplacement de la lutte sur le territoire des réseaux numériques

Documents relatifs


PRESSE

2020
RFI – Journal des Amériques,
interview sur Crecer, Resistir par Marie Normand

Sorbonne ArtGallery – Interview sur l’exposition Crecer, Resistir, 16 novembre 2020

PUBLICATIONS

2021
Crecer, Resistir, catalogue d’exposition, Sorbonne Editions

Expositions


Dispersions

(2013-…)

Les Dispersions sont un corpus de travaux non sériels développés à l’origine pour l’exposition personnelle Disperse suite à une résidence à L’attrape-couleur (Lyon) en 2013, et qui constituent la matrice de mes recherches ultérieures. Il s’agit d’expérimenter différentes tactiques de fragmentation ou de dissolution dans la représentation des barrières territoriales. Si les premiers territoires concernés sont d’ordre politique – frontières urbaines et identitaires – cette réflexion s’étend également aux limites physiques de l’individu, et à la figuration de son rapport à l’espace.

Cette approche se traduit notamment par des jeux optiques visant à déconstruire l’imagerie stéréotypée des zones périurbaines : illuminations, dédoublements, reflets, projections… Ces expériences sont à l’origine des premières images la série de paysages sur miroir Fractal Spaces, mais également de l’installation Silently Blowing Almost Every Building on Rue de la Ligne de l’Est.

Avec Château Pétri, incubation et dispersion participative de bactéries commensales, c’est aussi le territoire corporel qui est questionné. Une démarche prolongée par la performance Les dérivants, collecte, mise en bouteille et à l’eau de projets avortés de soixante-deux artistes. La dispersion est ici pour moi une manœuvre d’évasion : choisie pour sortir des carcans de mon propre travail comme pour passer à travers les mailles des pouvoirs risquant de le figer.

Silently blowing almost every building on rue de la Ligne de l’Est

Une série de 23 photographies a été prise sur un lieu de mémoire répondant aux stéréotypes du périurbain: la rue de la Ligne de l’Est, à Villeurbanne, longe une ancienne voie ferrée ayant servi à la déportation en 1943, et est bordée de HLM et de friches industrielles laissant place à des immeubles de bureau en chantier. Ces images sont projetées en boucle sur un dispositif optique comprenant, sur un même axe, successivement une boule à facettes et un miroir mural. Elles sont ainsi retroprojetées sur le mur d’en face, leur centre étant oblitéré par l’ombre de la boule. Les informations masquées par cette ombre sont réfractées en multiples fragments mouvants à travers la pièce.

Château Pétri

Cinquante boîtes de pétri ont été ensemencées en bactéries commensales provenant du nombril de l’artiste et de trois autres personnes rencontrées en résidence : Jean-Baptiste Veyrieras, ingénieur bioinformaticien, Natacha Vignon, psychomotricienne, et Nicolas Zlatoff, directeur de troupe. Elles sont présentées en culture sur une table de lecture lumineuse en un carré évolutif. Chacune de ces Dispersées est proposée 10 € à la vente. Chaque vente enlève successivement une des huit pièces du carré – démantèlement symbolique d’un territoire – la boite ainsi dispersée étant remplacée par une autre. La somme que représenterait la vente de l’intégralité des boîtes équivaudrait à la subvention territoriale accordée à l’exposition Disperse.

Amoko

Culture de bactéries commensales de l’artiste dans trois boîtes de pétri, reproduisant sur gélose à l’encre de seiche le code morse SOS. La culture était évolutive pendant les trois semaines de l’exposition Little Big Crunch à Plateforme (Paris) en 2013.

Les dérivants

Mise à l’eau des projets en bouteille lumineuses (Leds, batteries biodégradables) de 62 artistes refusés ou non réalisés, collectés suite à un appel à participation libre. Le repêchage en aval de trois bouteilles a été signalé à ce jour, la dernière en 2018. Attrape-Couleur

TOYLAND

(2005-2007)

Prises en Thaïlande entre 2005 et 2007, les photographies de la série Toyland réinterprètent les vingt-deux arcanes majeurs du tarot de Marseille, mode de divination qui, originaire de l’Italie médiévale, est devenu courant dans ce pays asiatique. Destinées à être activées par une performance de voyance, ces images établissent un jeu de correspondance entre les codes culturels des cartes d’origine et ceux de la Thaïlande contemporaine, telle qu’elle est perçue à travers les clichés touristiques : moines, danseuses, minorités ethniques…

Cette expérience sur les échanges de signes à l’ère de la globalisation est également une réflexion sur la superstition qui s’attache aux photographies. Le dispositif d’exposition est double : d’un côté une salle blanche, dans laquelle le regardeur établit un rapport conventionnel aux photographies sur cimaises, présentées en grand format ou comme des cartes ; de l’autre une salle noire, où, chacun à son tour est invité à se faire lire un tirage aléatoire de quatre clichés projetés au mur. Déguisé en augure monstrueux, l’artiste active celles-ci par une narration divinatoire. Un exercice d’interprétation qui, associant le soi et l’autre, la destination et la destinée, lie les photographies au vécu des consultants, révélant ainsi les mécanismes de croyance dont nous investissons les images.

Documents relatifs


PRESSE

2018
COURRIER VENDÉEN – 14.8.2008
La monstrueuse performance de Marc Lathuillière, sur l’exposition performée à la Galerie Georges Bessière

2007
BANGKOK 101 – Bangkok, février 2007
Portfolio de couverture et poèmes, série Toyland (anglais)

Expositions


Radiances

(2011-…)

Les Radiances forment un corpus de travaux – installations lumineuses immersives et photographies – dans lesquels la lumière est utilisée pour introduire des décalages de perception, spatiale comme temporelle, dans des lieux et des situations. Les installations sont composées de matériaux de chantier destinés au transport de fluides – des canalisations en pvc bleu – sur lesquels sont montés des tubes fluorescents.

La démarche relève d’abord d’une réflexion sur la photographie, les structures lumineuses, dans le prolongement du projet The Fluorescent People où elles faisaient référence à l’art populaire en Thaïlande, étant conçues avant tout pour des prises de vue. De par l’intensité de leur aura, plus perceptible par les capteurs photographiques que par l’œil nu, les lumières fluorescentes dissolvent la dimension documentaire de l’image : elles explorent sa capacité à se faire projection d’un devenir. Lorsqu’elles deviennent installations in situ, sans visée photographique préalable, les Radiances irradient de manière immersive des lieux ou des rituels sociaux – patrimoine, white cube, plage au couchant… – afin d’un donner une expérience relevant de l’ailleurs. Une tentative, par la nature dématérialisante de la lumière, de dissolution des frontières, physiques et symboliques, et d’affranchissement des pesanteurs de l’histoire, que celle-ci soit individuelle ou collective.

The Fluorescent People

(2004 • 2019)

Scenes

Minorité montagnarde tibéto-biemane installée au nord de la Thaïlande, les Lissou s’habillent de tenues dont les teintes fluorescentes déjouent notre tentation de les qualifier de « traditionnelles ». C’est de cette observation qu’est né The Fluorescent People, projet tentant une relecture critique de la photographie ethnique. Construit sur des situations participatives, il hybride deux univers à priori opposés : les habitants d’un village reculé, Ban Sam Kula, se retrouvent envahis par d’étranges installations. Tuyaux de pvc, balles plastiques ou pots de jelly composent un espace futuriste dans lequel les Lissou posent ou interagissent, vêtus de leurs costumes quotidiens.

En cadrant les peuples exotiques dans une réserve de temps et d’espace, le cliché ethnographique leur refuse les métamorphoses de l’ère contemporaine. Déroutant ce formatage, les photographies de The Fluorescent People inversent l’approche documentaire habituellement appliquée aux minorités : au lieu d’archiver des modes de vie en perdition, elles sont pensées comme des fictions mettant en perspective la globalisation telles que s’y projettent les Lissou. Elles procèdent pour cela d’une observation participative de leur culture animiste, chaque image en problématisant les mutations : consommation alimentaire, mode, agriculture chimique, trafic d’amphétamines, connexion aux réseaux, exode rural et structure familiale.

Produit de plusieurs années de contacts, de six semaines d’immersion en solo à Ban Sam Kula, et prolongé par des échanges sur les réseaux sociaux, ce projet associe aux images mises en scène des pièces témoignant d’interventions lors du jour de l’an lissou en 2010 et 2016 : performance, situations participatives et artefacts. The Fluorescent People a fait l’objet d’expositions personnelles au Museum Siam, à Bangkok (2011), au Museum d’histoire naturelle de La Rochelle (2012) et, en dialogue avec Marc Augé, à la Friche La Belle de Mai à Marseille (L’anthropologue et le photographe, Printemps de l’art contemporain 2017).

The Fluorescent People

(2004 • 2019)


Situations

Trois situations participatives ont été mises en place pendant le Jour de l’an lissou de Ban Sam Kula en 2010. Pour Situation #1 The Sky Fire Tree, une installation lumineuse de canalisation PVC et de tubes fluorescents entourait un arbre aux esprits autour duquel les Lissou dansent. Les photographies la documentant sont montrées en mur d’images projetées à défilement lent. Situation #2 Exorcising Ghosts est une performance dans laquelle, inversant le contrôle photographique habituel, ce sont les villageois qui photographient l’artiste occidental en train d’être emballé par eux dans du vinyle. La figure évoque ainsi aussi bien un produit de consommation que, pour eux, un fantôme à chasser. Les 36 vues successives de la performance sont montrées en diaporama sur écran. Situation 3 #, un studio photographique, est devenue un série spécifique, Studio Tang Daw.


Studio Dang Daw

Studio Tang Daw (Studio des étoiles) est un studio de portraits proposé aux habitants de Ban Sam Kula lors de leurs célébrations du Nouvel an en 2010 et 2016. Pour cette situation participative, les villageois étaient invités à se faire photographier devant un tissu turquoise imprimé d’étoiles, très tendance alors dans leur culture.

Les portraits documentent les évolutions du costume des Lissou, qui, avec créativité, métamorphosent leurs tenues traditionnelle en y introduisant textiles et accessoires de la mode globale. Manifestant leur capacité à s’inventer une modernité hybride, ils les campent non comme figés dans le passé, mais comme nos contemporains, reliés aux mêmes réseaux. Lors de deux expositions – L’anthropologue et le photographe à la Friche La Belle de Mai en 2017 et French Connection à la Bangkok University Gallery en 2018, la série a été exposée sous la forme d’un nuage d’images, invitant à lire l’identité actuelle des Lissou comme le produit d’échanges connectés.

Dans Studio Tang Daw, une minorité dite «traditionnelle» apparaît ainsi comme un peuple en mutation, presque extra-terrestre. En thaïlandais, manut tang daw signifie «humanité des étoiles».


Artefacts

Mises en scène photographiques et situations se sont accompagnées de la production de deux pièces tridimensionnelles et d’une installation. Artefact #1 - The Jelly Dress, est une robe lissou sur les épaules de laquelle, avec l’aide de la couturière Asw-ma Ta-mi, ont été ajoutés deux pots de jelly, dessert industriel apprécié des villageoises. Artefact #2 – The Communication Headdress, est une coiffe de femme à laquelle ont été ajoutées diverses pièces mécaniques et électroniques (câbles, diodes, circuits de PC…). Artefact #3 est l’installation lumineuse ayant servi à la situation The Sky Fire Tree.


Documents F

Les Documents F constituent une documentation des processus participatifs et de moments d’échange avec les villageois, pour les photographies mises en scène et les les situations. Certaines images sont issues d’un premier séjour en 2007, avec des tests d’installation créées en duo avec le photographe Gilles Crampes. Ces documents témoignent aussi de moments de restitution dans le village, comme l’exposition en plein air du Nouvel an 2010, au terme de laquelle les tirages signés ont été offert aux modèles. Un processus généralisé puisque les photographies prises d’eux sont systématiquement tirés et données aux villageois.

Documents relatifs


ESSAI

2017
François Saint Pierre
“L’anthropologue et le photographe”

ENTRETIENS

2017
Entretien, Pascal Beausse – Marc Augé
Sur L’anthropologue et le photographe
La Friche La Belle de Mai, Marseille

2015
Interview, Klaus Fruchtnis – Marc Lathuillière
“A Stereotype Hunter”
Urbanautica.com

PRESSE

2018
BANGKOK POST - Bangkok,
The Thai-French Connection, critique d’exposition par Apipar Norapoompipat

2017
PARISART.COM - Paris,
L’anthropologue et le photographe, critique par François Salmeron

2011
BANGKOK 01
Portfolio de la série Fluorescent People

2011
BK – Bangkok,
Interview sur la série Fluorescent People (anglais)

2011
BLINK – Séoul, printemps 2011
Interview et portfolio des séries Musée National et de Fluorescent People (anglais)

PUBLICATIONS

2018
French Connection, catalogue, Ambassade de France en Thaïlande

Expositions



Situations

Trois situations participatives ont été mises en place pendant le Jour de l’an lissou de Ban Sam Kula en 2010. Pour Situation #1 The Sky Fire Tree, une installation lumineuse de canalisation PVC et de tubes fluorescents entourait un arbre aux esprits autour duquel les Lissou dansent. Les photographies la documentant sont montrées en mur d’images projetées à défilement lent. Situation #2 Exorcising Ghosts est une performance dans laquelle, inversant le contrôle photographique habituel, ce sont les villageois qui photographient l’artiste occidental en train d’être emballé par eux dans du vinyle. La figure évoque ainsi aussi bien un produit de consommation que, pour eux, un fantôme à chasser. Les 36 vues successives de la performance sont montrées en diaporama sur écran. Situation 3 #, un studio photographique, est devenue un série spécifique, Studio Tang Daw.

The Fluorescent People

(2004 • 2019)

Scenes

Minorité montagnarde tibéto-biemane installée au nord de la Thaïlande, les Lissou s’habillent de tenues dont les teintes fluorescentes déjouent notre tentation de les qualifier de « traditionnelles ». C’est de cette observation qu’est né The Fluorescent People, projet tentant une relecture critique de la photographie ethnique. Construit sur des situations participatives, il hybride deux univers à priori opposés : les habitants d’un village reculé, Ban Sam Kula, se retrouvent envahis par d’étranges installations. Tuyaux de pvc, balles plastiques ou pots de jelly composent un espace futuriste dans lequel les Lissou posent ou interagissent, vêtus de leurs costumes quotidiens.

En cadrant les peuples exotiques dans une réserve de temps et d’espace, le cliché ethnographique leur refuse les métamorphoses de l’ère contemporaine. Déroutant ce formatage, les photographies de The Fluorescent People inversent l’approche documentaire habituellement appliquée aux minorités : au lieu d’archiver des modes de vie en perdition, elles sont pensées comme des fictions mettant en perspective la globalisation telles que s’y projettent les Lissou. Elles procèdent pour cela d’une observation participative de leur culture animiste, chaque image en problématisant les mutations : consommation alimentaire, mode, agriculture chimique, trafic d’amphétamines, connexion aux réseaux, exode rural et structure familiale.

Produit de plusieurs années de contacts, de six semaines d’immersion en solo à Ban Sam Kula, et prolongé par des échanges sur les réseaux sociaux, ce projet associe aux images mises en scène des pièces témoignant d’interventions lors du jour de l’an lissou en 2010 et 2016 : performance, situations participatives et artefacts. The Fluorescent People a fait l’objet d’expositions personnelles au Museum Siam, à Bangkok (2011), au Museum d’histoire naturelle de La Rochelle (2012) et, en dialogue avec Marc Augé, à la Friche La Belle de Mai à Marseille (L’anthropologue et le photographe, Printemps de l’art contemporain 2017).



Studio Dang Daw

Studio Tang Daw (Studio des étoiles) est un studio de portraits proposé aux habitants de Ban Sam Kula lors de leurs célébrations du Nouvel an en 2010 et 2016. Pour cette situation participative, les villageois étaient invités à se faire photographier devant un tissu turquoise imprimé d’étoiles, très tendance alors dans leur culture.

Les portraits documentent les évolutions du costume des Lissou, qui, avec créativité, métamorphosent leurs tenues traditionnelle en y introduisant textiles et accessoires de la mode globale. Manifestant leur capacité à s’inventer une modernité hybride, ils les campent non comme figés dans le passé, mais comme nos contemporains, reliés aux mêmes réseaux. Lors de deux expositions – L’anthropologue et le photographe à la Friche La Belle de Mai en 2017 et French Connection à la Bangkok University Gallery en 2018, la série a été exposée sous la forme d’un nuage d’images, invitant à lire l’identité actuelle des Lissou comme le produit d’échanges connectés.

Dans Studio Tang Daw, une minorité dite «traditionnelle» apparaît ainsi comme un peuple en mutation, presque extra-terrestre. En thaïlandais, manut tang daw signifie «humanité des étoiles».


Artefacts

Mises en scène photographiques et situations se sont accompagnées de la production de deux pièces tridimensionnelles et d’une installation. Artefact #1 - The Jelly Dress, est une robe lissou sur les épaules de laquelle, avec l’aide de la couturière Asw-ma Ta-mi, ont été ajoutés deux pots de jelly, dessert industriel apprécié des villageoises. Artefact #2 – The Communication Headdress, est une coiffe de femme à laquelle ont été ajoutées diverses pièces mécaniques et électroniques (câbles, diodes, circuits de PC…). Artefact #3 est l’installation lumineuse ayant servi à la situation The Sky Fire Tree.


Documents F

Les Documents F constituent une documentation des processus participatifs et de moments d’échange avec les villageois, pour les photographies mises en scène et les les situations. Certaines images sont issues d’un premier séjour en 2007, avec des tests d’installation créées en duo avec le photographe Gilles Crampes. Ces documents témoignent aussi de moments de restitution dans le village, comme l’exposition en plein air du Nouvel an 2010, au terme de laquelle les tirages signés ont été offert aux modèles. Un processus généralisé puisque les photographies prises d’eux sont systématiquement tirés et données aux villageois.

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ESSAI

2017
François Saint Pierre
“L’anthropologue et le photographe”

ENTRETIENS

2017
Entretien, Pascal Beausse – Marc Augé
Sur L’anthropologue et le photographe
La Friche La Belle de Mai, Marseille

2015
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“A Stereotype Hunter”
Urbanautica.com

PRESSE

2018
BANGKOK POST - Bangkok,
The Thai-French Connection, critique d’exposition par Apipar Norapoompipat

2017
PARISART.COM - Paris,
L’anthropologue et le photographe, critique par François Salmeron

2011
BANGKOK 01
Portfolio de la série Fluorescent People

2011
BK – Bangkok,
Interview sur la série Fluorescent People (anglais)

2011
BLINK – Séoul, printemps 2011
Interview et portfolio des séries Musée National et de Fluorescent People (anglais)

PUBLICATIONS

2018
French Connection, catalogue, Ambassade de France en Thaïlande

Expositions



Studio Dang Daw

Studio Tang Daw (Studio des étoiles) est un studio de portraits proposé aux habitants de Ban Sam Kula lors de leurs célébrations du Nouvel an en 2010 et 2016. Pour cette situation participative, les villageois étaient invités à se faire photographier devant un tissu turquoise imprimé d’étoiles, très tendance alors dans leur culture.

Les portraits documentent les évolutions du costume des Lissou, qui, avec créativité, métamorphosent leurs tenues traditionnelle en y introduisant textiles et accessoires de la mode globale. Manifestant leur capacité à s’inventer une modernité hybride, ils les campent non comme figés dans le passé, mais comme nos contemporains, reliés aux mêmes réseaux. Lors de deux expositions – L’anthropologue et le photographe à la Friche La Belle de Mai en 2017 et French Connection à la Bangkok University Gallery en 2018, la série a été exposée sous la forme d’un nuage d’images, invitant à lire l’identité actuelle des Lissou comme le produit d’échanges connectés.

Dans Studio Tang Daw, une minorité dite «traditionnelle» apparaît ainsi comme un peuple en mutation, presque extra-terrestre. En thaïlandais, manut tang daw signifie «humanité des étoiles».


Artefacts

Mises en scène photographiques et situations se sont accompagnées de la production de deux pièces tridimensionnelles et d’une installation. Artefact #1 - The Jelly Dress, est une robe lissou sur les épaules de laquelle, avec l’aide de la couturière Asw-ma Ta-mi, ont été ajoutés deux pots de jelly, dessert industriel apprécié des villageoises. Artefact #2 – The Communication Headdress, est une coiffe de femme à laquelle ont été ajoutées diverses pièces mécaniques et électroniques (câbles, diodes, circuits de PC…). Artefact #3 est l’installation lumineuse ayant servi à la situation The Sky Fire Tree.

The Fluorescent People

(2004 • 2019)

Scenes

Minorité montagnarde tibéto-biemane installée au nord de la Thaïlande, les Lissou s’habillent de tenues dont les teintes fluorescentes déjouent notre tentation de les qualifier de « traditionnelles ». C’est de cette observation qu’est né The Fluorescent People, projet tentant une relecture critique de la photographie ethnique. Construit sur des situations participatives, il hybride deux univers à priori opposés : les habitants d’un village reculé, Ban Sam Kula, se retrouvent envahis par d’étranges installations. Tuyaux de pvc, balles plastiques ou pots de jelly composent un espace futuriste dans lequel les Lissou posent ou interagissent, vêtus de leurs costumes quotidiens.

En cadrant les peuples exotiques dans une réserve de temps et d’espace, le cliché ethnographique leur refuse les métamorphoses de l’ère contemporaine. Déroutant ce formatage, les photographies de The Fluorescent People inversent l’approche documentaire habituellement appliquée aux minorités : au lieu d’archiver des modes de vie en perdition, elles sont pensées comme des fictions mettant en perspective la globalisation telles que s’y projettent les Lissou. Elles procèdent pour cela d’une observation participative de leur culture animiste, chaque image en problématisant les mutations : consommation alimentaire, mode, agriculture chimique, trafic d’amphétamines, connexion aux réseaux, exode rural et structure familiale.

Produit de plusieurs années de contacts, de six semaines d’immersion en solo à Ban Sam Kula, et prolongé par des échanges sur les réseaux sociaux, ce projet associe aux images mises en scène des pièces témoignant d’interventions lors du jour de l’an lissou en 2010 et 2016 : performance, situations participatives et artefacts. The Fluorescent People a fait l’objet d’expositions personnelles au Museum Siam, à Bangkok (2011), au Museum d’histoire naturelle de La Rochelle (2012) et, en dialogue avec Marc Augé, à la Friche La Belle de Mai à Marseille (L’anthropologue et le photographe, Printemps de l’art contemporain 2017).


Situations

Trois situations participatives ont été mises en place pendant le Jour de l’an lissou de Ban Sam Kula en 2010. Pour Situation #1 The Sky Fire Tree, une installation lumineuse de canalisation PVC et de tubes fluorescents entourait un arbre aux esprits autour duquel les Lissou dansent. Les photographies la documentant sont montrées en mur d’images projetées à défilement lent. Situation #2 Exorcising Ghosts est une performance dans laquelle, inversant le contrôle photographique habituel, ce sont les villageois qui photographient l’artiste occidental en train d’être emballé par eux dans du vinyle. La figure évoque ainsi aussi bien un produit de consommation que, pour eux, un fantôme à chasser. Les 36 vues successives de la performance sont montrées en diaporama sur écran. Situation 3 #, un studio photographique, est devenue un série spécifique, Studio Tang Daw.


Studio Dang Daw

Studio Tang Daw (Studio des étoiles) est un studio de portraits proposé aux habitants de Ban Sam Kula lors de leurs célébrations du Nouvel an en 2010 et 2016. Pour cette situation participative, les villageois étaient invités à se faire photographier devant un tissu turquoise imprimé d’étoiles, très tendance alors dans leur culture.

Les portraits documentent les évolutions du costume des Lissou, qui, avec créativité, métamorphosent leurs tenues traditionnelle en y introduisant textiles et accessoires de la mode globale. Manifestant leur capacité à s’inventer une modernité hybride, ils les campent non comme figés dans le passé, mais comme nos contemporains, reliés aux mêmes réseaux. Lors de deux expositions – L’anthropologue et le photographe à la Friche La Belle de Mai en 2017 et French Connection à la Bangkok University Gallery en 2018, la série a été exposée sous la forme d’un nuage d’images, invitant à lire l’identité actuelle des Lissou comme le produit d’échanges connectés.

Dans Studio Tang Daw, une minorité dite «traditionnelle» apparaît ainsi comme un peuple en mutation, presque extra-terrestre. En thaïlandais, manut tang daw signifie «humanité des étoiles».



Documents F

Les Documents F constituent une documentation des processus participatifs et de moments d’échange avec les villageois, pour les photographies mises en scène et les les situations. Certaines images sont issues d’un premier séjour en 2007, avec des tests d’installation créées en duo avec le photographe Gilles Crampes. Ces documents témoignent aussi de moments de restitution dans le village, comme l’exposition en plein air du Nouvel an 2010, au terme de laquelle les tirages signés ont été offert aux modèles. Un processus généralisé puisque les photographies prises d’eux sont systématiquement tirés et données aux villageois.

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2017
François Saint Pierre
“L’anthropologue et le photographe”

ENTRETIENS

2017
Entretien, Pascal Beausse – Marc Augé
Sur L’anthropologue et le photographe
La Friche La Belle de Mai, Marseille

2015
Interview, Klaus Fruchtnis – Marc Lathuillière
“A Stereotype Hunter”
Urbanautica.com

PRESSE

2018
BANGKOK POST - Bangkok,
The Thai-French Connection, critique d’exposition par Apipar Norapoompipat

2017
PARISART.COM - Paris,
L’anthropologue et le photographe, critique par François Salmeron

2011
BANGKOK 01
Portfolio de la série Fluorescent People

2011
BK – Bangkok,
Interview sur la série Fluorescent People (anglais)

2011
BLINK – Séoul, printemps 2011
Interview et portfolio des séries Musée National et de Fluorescent People (anglais)

PUBLICATIONS

2018
French Connection, catalogue, Ambassade de France en Thaïlande

Expositions



Documents F

Les Documents F constituent une documentation des processus participatifs et de moments d’échange avec les villageois, pour les photographies mises en scène et les les situations. Certaines images sont issues d’un premier séjour en 2007, avec des tests d’installation créées en duo avec le photographe Gilles Crampes. Ces documents témoignent aussi de moments de restitution dans le village, comme l’exposition en plein air du Nouvel an 2010, au terme de laquelle les tirages signés ont été offert aux modèles. Un processus généralisé puisque les photographies prises d’eux sont systématiquement tirés et données aux villageois.

The Fluorescent People

(2004 • 2019)

Scenes

Minorité montagnarde tibéto-biemane installée au nord de la Thaïlande, les Lissou s’habillent de tenues dont les teintes fluorescentes déjouent notre tentation de les qualifier de « traditionnelles ». C’est de cette observation qu’est né The Fluorescent People, projet tentant une relecture critique de la photographie ethnique. Construit sur des situations participatives, il hybride deux univers à priori opposés : les habitants d’un village reculé, Ban Sam Kula, se retrouvent envahis par d’étranges installations. Tuyaux de pvc, balles plastiques ou pots de jelly composent un espace futuriste dans lequel les Lissou posent ou interagissent, vêtus de leurs costumes quotidiens.

En cadrant les peuples exotiques dans une réserve de temps et d’espace, le cliché ethnographique leur refuse les métamorphoses de l’ère contemporaine. Déroutant ce formatage, les photographies de The Fluorescent People inversent l’approche documentaire habituellement appliquée aux minorités : au lieu d’archiver des modes de vie en perdition, elles sont pensées comme des fictions mettant en perspective la globalisation telles que s’y projettent les Lissou. Elles procèdent pour cela d’une observation participative de leur culture animiste, chaque image en problématisant les mutations : consommation alimentaire, mode, agriculture chimique, trafic d’amphétamines, connexion aux réseaux, exode rural et structure familiale.

Produit de plusieurs années de contacts, de six semaines d’immersion en solo à Ban Sam Kula, et prolongé par des échanges sur les réseaux sociaux, ce projet associe aux images mises en scène des pièces témoignant d’interventions lors du jour de l’an lissou en 2010 et 2016 : performance, situations participatives et artefacts. The Fluorescent People a fait l’objet d’expositions personnelles au Museum Siam, à Bangkok (2011), au Museum d’histoire naturelle de La Rochelle (2012) et, en dialogue avec Marc Augé, à la Friche La Belle de Mai à Marseille (L’anthropologue et le photographe, Printemps de l’art contemporain 2017).


Situations

Trois situations participatives ont été mises en place pendant le Jour de l’an lissou de Ban Sam Kula en 2010. Pour Situation #1 The Sky Fire Tree, une installation lumineuse de canalisation PVC et de tubes fluorescents entourait un arbre aux esprits autour duquel les Lissou dansent. Les photographies la documentant sont montrées en mur d’images projetées à défilement lent. Situation #2 Exorcising Ghosts est une performance dans laquelle, inversant le contrôle photographique habituel, ce sont les villageois qui photographient l’artiste occidental en train d’être emballé par eux dans du vinyle. La figure évoque ainsi aussi bien un produit de consommation que, pour eux, un fantôme à chasser. Les 36 vues successives de la performance sont montrées en diaporama sur écran. Situation 3 #, un studio photographique, est devenue un série spécifique, Studio Tang Daw.


Studio Dang Daw

Studio Tang Daw (Studio des étoiles) est un studio de portraits proposé aux habitants de Ban Sam Kula lors de leurs célébrations du Nouvel an en 2010 et 2016. Pour cette situation participative, les villageois étaient invités à se faire photographier devant un tissu turquoise imprimé d’étoiles, très tendance alors dans leur culture.

Les portraits documentent les évolutions du costume des Lissou, qui, avec créativité, métamorphosent leurs tenues traditionnelle en y introduisant textiles et accessoires de la mode globale. Manifestant leur capacité à s’inventer une modernité hybride, ils les campent non comme figés dans le passé, mais comme nos contemporains, reliés aux mêmes réseaux. Lors de deux expositions – L’anthropologue et le photographe à la Friche La Belle de Mai en 2017 et French Connection à la Bangkok University Gallery en 2018, la série a été exposée sous la forme d’un nuage d’images, invitant à lire l’identité actuelle des Lissou comme le produit d’échanges connectés.

Dans Studio Tang Daw, une minorité dite «traditionnelle» apparaît ainsi comme un peuple en mutation, presque extra-terrestre. En thaïlandais, manut tang daw signifie «humanité des étoiles».


Artefacts

Mises en scène photographiques et situations se sont accompagnées de la production de deux pièces tridimensionnelles et d’une installation. Artefact #1 - The Jelly Dress, est une robe lissou sur les épaules de laquelle, avec l’aide de la couturière Asw-ma Ta-mi, ont été ajoutés deux pots de jelly, dessert industriel apprécié des villageoises. Artefact #2 – The Communication Headdress, est une coiffe de femme à laquelle ont été ajoutées diverses pièces mécaniques et électroniques (câbles, diodes, circuits de PC…). Artefact #3 est l’installation lumineuse ayant servi à la situation The Sky Fire Tree.


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ESSAI

2017
François Saint Pierre
“L’anthropologue et le photographe”

ENTRETIENS

2017
Entretien, Pascal Beausse – Marc Augé
Sur L’anthropologue et le photographe
La Friche La Belle de Mai, Marseille

2015
Interview, Klaus Fruchtnis – Marc Lathuillière
“A Stereotype Hunter”
Urbanautica.com

PRESSE

2018
BANGKOK POST - Bangkok,
The Thai-French Connection, critique d’exposition par Apipar Norapoompipat

2017
PARISART.COM - Paris,
L’anthropologue et le photographe, critique par François Salmeron

2011
BANGKOK 01
Portfolio de la série Fluorescent People

2011
BK – Bangkok,
Interview sur la série Fluorescent People (anglais)

2011
BLINK – Séoul, printemps 2011
Interview et portfolio des séries Musée National et de Fluorescent People (anglais)

PUBLICATIONS

2018
French Connection, catalogue, Ambassade de France en Thaïlande

Expositions


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ESSAI

2017
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ENTRETIENS

2017
Entretien, Pascal Beausse – Marc Augé
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La Friche La Belle de Mai, Marseille

2015
Interview, Klaus Fruchtnis – Marc Lathuillière
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PRESSE

2018
BANGKOK POST – Bangkok,
The Thai-French Connection, critique d’exposition par Apipar Norapoompipat

2017
PARISART.COM – Paris,
L’anthropologue et le photographe, critique par François Salmeron

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2011
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Interview sur la série Fluorescent People (anglais)

2011
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PUBLICATIONS

2018
French Connection, catalogue, Ambassade de France en Thaïlande

Expositions


Musée National

(2004 – 2019)

Non, ce n’est pas la « littérature de l’absurde » que je suis, en premier lieu, tenté d’évoquer, lorsque je pense aux photographies de Marc Lathuillière ; mais plutôt ces étranges nouvelles de science-fiction où les personnages, capturés dans une faille temporelle, sont conduits à répéter indéfiniment les mêmes gestes (…). Ces nouvelles de toute façon se déroulent par beau temps ; sous un ciel uniforme et immuablement bleu. L’orage, les nuages, c’est déjà le drame ; mais la tragédie, comme le bonheur absolu, nécessitent un azur invariable.

Michel Houellebecq, « Un remède à l’épuisement d’être », préface à Musée national, La Martinière, 2014

Vaste inventaire photographique entamé en 2004, Musée national est un corpus de près de 1000 portraits contextuels réalisés à travers la France. Tous les sujets, de l’artisan aux élites et célébrités, portent un même masque. Le dispositif instaure un regard critique sur le lien des Français à leurs patrimoines et sur la construction de leur mémoire collective. En le figeant, le masque met en exergue, et en doute, tout le hors visage de la représentation : costume, mobilier, architecture, paysage, geste professionnel ou domestique. Il manifeste ainsi le mouvement de muséification à l’œuvre dans la société française, tout autant que le rôle de l’image dans la catégorisation identitaire que ce processus induit. Musée national a émergé à la reconnaissance critique et médiatique grâce à une double exposition avec Michel Houellebecq lors du Mois de la Photo à Paris en 2014, Le produit France : Marc Lathuillière y était commissaire de la première exposition du romancier tandis ce que celui-ci soutenait la présentation de Musée national à la galerie Binome par un texte, également préface du catalogue publié aux éditions de La Martinière. Le dispositif était repris dans deux gares parisiennes via un partenariat avec Gares & Connexions SNCF. En 2016, Musée national a entamé un Tour de France en expositions dont les principales étapes à ce jour ont été L’anthropologue et le photographe, un dialogue Marc Augé / Marc Lathuillière, à La Friche La Belle de Mai, à Marseille en 2017, et Fabrique nationale au Creux de l’enfer à Thiers en 2017-2018, dans le cadre de la Biennale de Lyon.

Documents relatifs


ESSAIS

2013
Michel Houellebecq
“Un remède à l’épuisement d’être”

2017
Marc Augé
“L’ambivalence du masque”

2018
Léon Mychkine
“Une sociologie du masque chez le photographe Marc Lathuillière ?”
Art-icle.fr

2014
Fanny Lambert,
“Musée haut, France bas”
L’œil de la photographie

2014
David Gauthier
“La France Musée de Marc Lathuillière”
Lacritique.org

2013
Frédéric Bouglé
“France Face Perdue : le visage d’un être de conjoncture”

2005
Arnaud Viviant
“France clichés”
Code d’accès

ENTRETIENS

2017
Entretien, Pascal Beausse – Marc Augé
Sur L’anthropologue et le photographe
La Friche La Belle de Mai, Marseille

2015
Mouvement
«Hôtel France», entretien avec Michel Houellebecq par Michel Poivert 

2014
Conversation, Frédéric Bouglé – Marc Lathuillière
“Le visage d’un être de conjecture”
Musée national, La Martinière

PRESSE

2020
LE POINT 
La France avec un masque, Michel Houellebecq et Christophe Ono-dit-Biot

2020
NEUE ZURCHER ZEITUNG – Zurich,
Michel Houellebecq ist ein ziemlich ungefährlicher Zeitgenosse, Claudia Mäder

2020
CORRIERE DELLA SERA
– Milan,
Le Maschere Dei Francesi, Michel Houellebecq et Stefano Montefiori

2018
FRANCE INTER – Marc Lathuillière ou l’art du masquage, interview par Brigitte Patient.

2014
BEAUX ARTS – Paris,
Terreur sur les terroirs par Thomas Schlesser

2014
LCI – Paris,
5-7h interview de Marc Lathuillière par Michel Field

2014
TELERAMA SORTIR –
Le photographe Marc Lathuillière tombe le masque par Hugo Saadi

PUBLICATIONS

2017 
Paysages français – une aventure photographique, catalogue, éditions BnF

2014
Musée National, préface de Michel Houellebecq. Éditions La Martinière

Musée National
de Marc Lathuillière

2014
Mois de la photo à Paris, catalogue, Actes Sud, 2014

Expositions


Fractal Spaces

(2013 – … )

Interrogation sur notre rapport à l’ère industrielle et sur sa représentation, Fractal Spaces est un corpus de photographies de paysages périurbains prises à travers d’épais taillis d’arbres, et conçues pour à être montées sur miroir. Après de premiers essais à Lyon en 2013, l’essentiel de la série a été développé en résidence à Moly Sabata – Fondation Albert Gleizes, en 2016. Les images ont été prises dans la vallée du Rhône, région qui, bien que rurale, est également la plus industrialisée de France, à une période choisie : la fin de l’hiver, afin que les arbres soient saisis au tout début de leur bourgeonnement, ceci suggérant qu’il y est question moins de ruine que de mutation.

Les paysages ainsi représentés miment, pour les détourner, les codes établis de la photographie de territoire : usines, zones industrielles, cités HLM, zones commerciales ou pavillonnaires sont représentés à distance, sous un ciel pâle et sans figure humaine. Ces stéréotypes de l’imagerie contemporaine sont mis en doute par deux formes de masquage.

Le premier, la présence de rideaux d’arbres devant l’arrière-plan construit, opère un retournement de perspective : ce n’est pas, comme habituellement dans la photographie topographique, la nature qui est ici altérée, mais bien elle qui guette des espaces industriels menacés. Il s’agit de placer le point due vue du côté du non


Fractal Table

(2018 - ... )