Fractal Table

(2018 – … )

« Sur cette table de dessin industriel, c’est bien le territoire de l’oeuvre qui se déploie en rhizome, voyageant sans cesse entre les mots et les images ».

Héloïse Conesa, entretien pour The Photocaptionist, août 2019

La Table fractale est une table de dessin industriel dont le plateau est recouvert d’une plaque d’acier anodisé, surface sur laquelle différents éléments textuels et visuels, tenus par des aimants et des serre-joints, forment des compositions évolutives. Prototype des pièces à venir, la première d’entre elle a été conçue à partir de l’ancienne table d’un miroitier, et montrée sous cinq versions successives lors de l’exposition Fractal Factory à la Galerie Binome (Paris) fin 2018. De par sa conception versatile et sa potentielle mobilité, elle vise à brouiller les frontières entre studio, table d’exposition et installation.

Pièce centrale de l’exposition Fractal Factory à la Galerie Binome (2018), Fractale Table #01 a été conçue comme un prototype. Sur une ancienne table de dessin industriel mise au rebut par un miroitier a été adapté un plateau couvert d’une feuille d’acier. Comme dans un laboratoire photographique, cette surface permet de fixer par des aimants tirages, transparents et maquettes d’œuvre, superposés à des miroirs. Evolutive – cinq versions successives ont été exposées – et potentiellement mobile, elle vise à brouiller les frontières entre studio, meuble d’exposition et installation.

Si elle a été conçue en lien avec la série Fractal Spaces, elle s’ouvre à la réinterprétation d’autres corpus – images, textes, archives – ayant trait aux bouleversements sociétaux et environnementaux qu’entraine la mondialisation. La transformation de ce mobilier obsolète de l’ère industrielle en une pièce sculpturale convoque en effet différentes références : les lutrins des bibliothèques pré-numériques tout comme les consoles de commande des chaînes d’usine ou les écrans à fenêtres multiples de l’informatique. Sur l’espace de la table, images et textes sont mis en lien, réfractés par les miroirs, et contextualisés par les reflets de l’espace d’exposition et des visiteurs.

Fractal Spaces

(2013 - ... )

Interrogation sur notre rapport à l’ère industrielle et sur sa représentation, Fractal Spaces est un corpus de photographies de paysages périurbains prises à travers d’épais taillis d’arbres, et conçues pour à être montées sur miroir. Après de premiers essais à Lyon en 2013, l’essentiel de la série a été développé en résidence à Moly Sabata – Fondation Albert Gleizes, en 2016. Les images ont été prises dans la vallée du Rhône, région qui, bien que rurale, est également la plus industrialisée de France, à une période choisie : la fin de l’hiver, afin que les arbres soient saisis au tout début de leur bourgeonnement, ceci suggérant qu’il y est question moins de ruine que de mutation.

Les paysages ainsi représentés miment, pour les détourner, les codes établis de la photographie de territoire : usines, zones industrielles, cités HLM, zones commerciales ou pavillonnaires sont représentés à distance, sous un ciel pâle et sans figure humaine. Ces stéréotypes de l’imagerie contemporaine sont mis en doute par deux formes de masquage.

Le premier, la présence de rideaux d’arbres devant l’arrière-plan construit, opère un retournement de perspective : ce n’est pas, comme habituellement dans la photographie topographique, la nature qui est ici altérée, mais bien elle qui guette des espaces industriels menacés. Il s’agit de placer le point due vue du côté du non


Documents relatifs


CRITIQUES ET ENTRETIENS

2019
Héloïse Conesa – Marc Lathuillière
Refracting
The Photocaptionist

PUBLICATIONS

2020
Quelque chose noir, catalogue, Galerie Gradiva

Expositions


Fractal Spaces

(2013 – … )

Interrogation sur notre rapport à l’ère industrielle et sur sa représentation, Fractal Spaces est un corpus de photographies de paysages périurbains prises à travers d’épais taillis d’arbres, et conçues pour à être montées sur miroir. Après de premiers essais à Lyon en 2013, l’essentiel de la série a été développé en résidence à Moly Sabata – Fondation Albert Gleizes, en 2016. Les images ont été prises dans la vallée du Rhône, région qui, bien que rurale, est également la plus industrialisée de France, à une période choisie : la fin de l’hiver, afin que les arbres soient saisis au tout début de leur bourgeonnement, ceci suggérant qu’il y est question moins de ruine que de mutation.

Les paysages ainsi représentés miment, pour les détourner, les codes établis de la photographie de territoire : usines, zones industrielles, cités HLM, zones commerciales ou pavillonnaires sont représentés à distance, sous un ciel pâle et sans figure humaine. Ces stéréotypes de l’imagerie contemporaine sont mis en doute par deux formes de masquage.

Le premier, la présence de rideaux d’arbres devant l’arrière-plan construit, opère un retournement de perspective : ce n’est pas, comme habituellement dans la photographie topographique, la nature qui est ici altérée, mais bien elle qui guette des espaces industriels menacés. Il s’agit de placer le point due vue du côté du non


Documents relatifs


CRITIQUES ET ENTRETIENS

2019
Héloïse Conesa – Marc Lathuillière
Refracting
The Photocaptionist

PUBLICATIONS

2020
Quelque chose noir, catalogue, Galerie Gradiva

Expositions