Depix

Série de quatre portraits composites réalisés par superposition de plusieurs visages photographiés, créant ainsi un nouveau visage fictif. La composition est réalisée en post-production numérique, par assemblage de calques Photoshop. Pour générer ces calques, la première étape a été de photographier une bâche à motif de camouflage pixellisé, du type utilisé par les groupes paramilitaires. Chacune des cinq couleurs pixellisées du camouflage a ensuite été isolée afin de créer une couche correspondante à partie du visage de chaque personne photographiée. Ainsi, la partie du portrait d’une femme correspondant aux pixels kakis se retrouve superposé à la partie du portrait d’une autre femme correspondant aux pixels bruns, et ainsi de suite pour les autres couleurs. Par ce protocole, Depix évoque le caractère collectif d’une résistance, tout autant qu’un déplacement de la lutte sur le territoire des réseaux numériques

Apariciones

La quarantaine de prises de vue nocturnes de cette série a été réalisée dans l’obscurité, à l’aveugle, avec une caméra de chasse infrarouge Minox. En surexposant les yeux et la peau, cette technique rend les traits du visage méconnaissable.En échange avec les villageois, il s’agissait, par un imaginaire relevant du conte et du « réalisme magique », d’évoquer la peur que ceux-ci vivent au quotidien. Ces photographies sont destinées à des impressions UV sur verre, et exposées sur des étagères, individuellement ou en frises à la composition libre.

VOCES DISTANTES

Onze vidéos (environ 1 mn 40 chacune) dans lesquelles les villageois filment l’artiste en train de lire leurs textes dans les paysages plantés des essences choisies pour les représenter.  Certaines, en cours de post-production, sont visibles sur ces liens :

Voz de Gabo
Vidéo, 1 mn32, 2020

Voz de Agua,
Vidéo, 1 mn39, 2020

Voz de Patricia
Vidéo, 1 mn39, 2020

CUERPOS Y PLANTAS

Représentation des villageois par photographies d’une partie de leur corps et d’une plante de leur biotope à laquelle ils demandent de les représenter. Composés de une à trois images, ces dix-huit « portraits environnementaux » sont également accompagnés de textes manuscrits sur calicot dans lesquels les villageois disent, sous alias, leur engagement et leurs peurs. Sur tissu original ou sous la forme d’une édition photographiée, ils forment avec les portraits des polyptyques.

MASCARAS

Sept portraits de villageois portant des masques fabriqués à partir de plantes. Ils sont majoritairement accompagnés de textes sur calicots, écrits de leurs mains. Signés sous des alias, ces derniers libèrent une parole directe sur le lien qu’ils entretiennent avec leur environnement territorial, la nécessité et le danger de défendre celui-ci. Ces textes, sur tissu original ou sous la forme d’une édition photographiée, forment avec les portraits des diptyques.

Documents F

Les Documents F constituent une documentation des processus participatifs et de moments d’échange avec les villageois, pour les photographies mises en scène et les les situations. Certaines images sont issues d’un premier séjour en 2007, avec des tests d’installation créées en duo avec le photographe Gilles Crampes. Ces documents témoignent aussi de moments de restitution dans le village, comme l’exposition en plein air du Nouvel an 2010, au terme de laquelle les tirages signés ont été offert aux modèles. Un processus généralisé puisque les photographies prises d’eux sont systématiquement tirés et données aux villageois.

The Fluorescent People

(2004 • 2019)

Scenes

Minorité montagnarde tibéto-biemane installée au nord de la Thaïlande, les Lissou s’habillent de tenues dont les teintes fluorescentes déjouent notre tentation de les qualifier de « traditionnelles ». C’est de cette observation qu’est né The Fluorescent People, projet tentant une relecture critique de la photographie ethnique. Construit sur des situations participatives, il hybride deux univers à priori opposés : les habitants d’un village reculé, Ban Sam Kula, se retrouvent envahis par d’étranges installations. Tuyaux de pvc, balles plastiques ou pots de jelly composent un espace futuriste dans lequel les Lissou posent ou interagissent, vêtus de leurs costumes quotidiens.

En cadrant les peuples exotiques dans une réserve de temps et d’espace, le cliché ethnographique leur refuse les métamorphoses de l’ère contemporaine. Déroutant ce formatage, les photographies de The Fluorescent People inversent l’approche documentaire habituellement appliquée aux minorités : au lieu d’archiver des modes de vie en perdition, elles sont pensées comme des fictions mettant en perspective la globalisation telles que s’y projettent les Lissou. Elles procèdent pour cela d’une observation participative de leur culture animiste, chaque image en problématisant les mutations : consommation alimentaire, mode, agriculture chimique, trafic d’amphétamines, connexion aux réseaux, exode rural et structure familiale.

Produit de plusieurs années de contacts, de six semaines d’immersion en solo à Ban Sam Kula, et prolongé par des échanges sur les réseaux sociaux, ce projet associe aux images mises en scène des pièces témoignant d’interventions lors du jour de l’an lissou en 2010 et 2016 : performance, situations participatives et artefacts. The Fluorescent People a fait l’objet d’expositions personnelles au Museum Siam, à Bangkok (2011), au Museum d’histoire naturelle de La Rochelle (2012) et, en dialogue avec Marc Augé, à la Friche La Belle de Mai à Marseille (L’anthropologue et le photographe, Printemps de l’art contemporain 2017).


Situations

Trois situations participatives ont été mises en place pendant le Jour de l’an lissou de Ban Sam Kula en 2010. Pour Situation #1 The Sky Fire Tree, une installation lumineuse de canalisation PVC et de tubes fluorescents entourait un arbre aux esprits autour duquel les Lissou dansent. Les photographies la documentant sont montrées en mur d’images projetées à défilement lent. Situation #2 Exorcising Ghosts est une performance dans laquelle, inversant le contrôle photographique habituel, ce sont les villageois qui photographient l’artiste occidental en train d’être emballé par eux dans du vinyle. La figure évoque ainsi aussi bien un produit de consommation que, pour eux, un fantôme à chasser. Les 36 vues successives de la performance sont montrées en diaporama sur écran. Situation 3 #, un studio photographique, est devenue un série spécifique, Studio Tang Daw.


Studio Dang Daw

Studio Tang Daw (Studio des étoiles) est un studio de portraits proposé aux habitants de Ban Sam Kula lors de leurs célébrations du Nouvel an en 2010 et 2016. Pour cette situation participative, les villageois étaient invités à se faire photographier devant un tissu turquoise imprimé d’étoiles, très tendance alors dans leur culture.

Les portraits documentent les évolutions du costume des Lissou, qui, avec créativité, métamorphosent leurs tenues traditionnelle en y introduisant textiles et accessoires de la mode globale. Manifestant leur capacité à s’inventer une modernité hybride, ils les campent non comme figés dans le passé, mais comme nos contemporains, reliés aux mêmes réseaux. Lors de deux expositions – L’anthropologue et le photographe à la Friche La Belle de Mai en 2017 et French Connection à la Bangkok University Gallery en 2018, la série a été exposée sous la forme d’un nuage d’images, invitant à lire l’identité actuelle des Lissou comme le produit d’échanges connectés.

Dans Studio Tang Daw, une minorité dite «traditionnelle» apparaît ainsi comme un peuple en mutation, presque extra-terrestre. En thaïlandais, manut tang daw signifie «humanité des étoiles».


Artefacts

Mises en scène photographiques et situations se sont accompagnées de la production de deux pièces tridimensionnelles et d’une installation. Artefact #1 - The Jelly Dress, est une robe lissou sur les épaules de laquelle, avec l’aide de la couturière Asw-ma Ta-mi, ont été ajoutés deux pots de jelly, dessert industriel apprécié des villageoises. Artefact #2 – The Communication Headdress, est une coiffe de femme à laquelle ont été ajoutées diverses pièces mécaniques et électroniques (câbles, diodes, circuits de PC…). Artefact #3 est l’installation lumineuse ayant servi à la situation The Sky Fire Tree.


Documents relatifs


ESSAI

2017
François Saint Pierre
“L’anthropologue et le photographe”

ENTRETIENS

2017
Entretien, Pascal Beausse – Marc Augé
Sur L’anthropologue et le photographe
La Friche La Belle de Mai, Marseille

2015
Interview, Klaus Fruchtnis – Marc Lathuillière
“A Stereotype Hunter”
Urbanautica.com

PRESSE

2018
BANGKOK POST - Bangkok,
The Thai-French Connection, critique d’exposition par Apipar Norapoompipat

2017
PARISART.COM - Paris,
L’anthropologue et le photographe, critique par François Salmeron

2011
BANGKOK 01
Portfolio de la série Fluorescent People

2011
BK – Bangkok,
Interview sur la série Fluorescent People (anglais)

2011
BLINK – Séoul, printemps 2011
Interview et portfolio des séries Musée National et de Fluorescent People (anglais)

PUBLICATIONS

2018
French Connection, catalogue, Ambassade de France en Thaïlande

Expositions


Artefacts

Mises en scène photographiques et situations se sont accompagnées de la production de deux pièces tridimensionnelles et d’une installation. Artefact #1 – The Jelly Dress, est une robe lissou sur les épaules de laquelle, avec l’aide de la couturière Asw-ma Ta-mi, ont été ajoutés deux pots de jelly, dessert industriel apprécié des villageoises. Artefact #2 – The Communication Headdress, est une coiffe de femme à laquelle ont été ajoutées diverses pièces mécaniques et électroniques (câbles, diodes, circuits de PC…). Artefact #3 est l’installation lumineuse ayant servi à la situation The Sky Fire Tree.

The Fluorescent People

(2004 • 2019)

Scenes

Minorité montagnarde tibéto-biemane installée au nord de la Thaïlande, les Lissou s’habillent de tenues dont les teintes fluorescentes déjouent notre tentation de les qualifier de « traditionnelles ». C’est de cette observation qu’est né The Fluorescent People, projet tentant une relecture critique de la photographie ethnique. Construit sur des situations participatives, il hybride deux univers à priori opposés : les habitants d’un village reculé, Ban Sam Kula, se retrouvent envahis par d’étranges installations. Tuyaux de pvc, balles plastiques ou pots de jelly composent un espace futuriste dans lequel les Lissou posent ou interagissent, vêtus de leurs costumes quotidiens.

En cadrant les peuples exotiques dans une réserve de temps et d’espace, le cliché ethnographique leur refuse les métamorphoses de l’ère contemporaine. Déroutant ce formatage, les photographies de The Fluorescent People inversent l’approche documentaire habituellement appliquée aux minorités : au lieu d’archiver des modes de vie en perdition, elles sont pensées comme des fictions mettant en perspective la globalisation telles que s’y projettent les Lissou. Elles procèdent pour cela d’une observation participative de leur culture animiste, chaque image en problématisant les mutations : consommation alimentaire, mode, agriculture chimique, trafic d’amphétamines, connexion aux réseaux, exode rural et structure familiale.

Produit de plusieurs années de contacts, de six semaines d’immersion en solo à Ban Sam Kula, et prolongé par des échanges sur les réseaux sociaux, ce projet associe aux images mises en scène des pièces témoignant d’interventions lors du jour de l’an lissou en 2010 et 2016 : performance, situations participatives et artefacts. The Fluorescent People a fait l’objet d’expositions personnelles au Museum Siam, à Bangkok (2011), au Museum d’histoire naturelle de La Rochelle (2012) et, en dialogue avec Marc Augé, à la Friche La Belle de Mai à Marseille (L’anthropologue et le photographe, Printemps de l’art contemporain 2017).


Situations

Trois situations participatives ont été mises en place pendant le Jour de l’an lissou de Ban Sam Kula en 2010. Pour Situation #1 The Sky Fire Tree, une installation lumineuse de canalisation PVC et de tubes fluorescents entourait un arbre aux esprits autour duquel les Lissou dansent. Les photographies la documentant sont montrées en mur d’images projetées à défilement lent. Situation #2 Exorcising Ghosts est une performance dans laquelle, inversant le contrôle photographique habituel, ce sont les villageois qui photographient l’artiste occidental en train d’être emballé par eux dans du vinyle. La figure évoque ainsi aussi bien un produit de consommation que, pour eux, un fantôme à chasser. Les 36 vues successives de la performance sont montrées en diaporama sur écran. Situation 3 #, un studio photographique, est devenue un série spécifique, Studio Tang Daw.


Studio Dang Daw

Studio Tang Daw (Studio des étoiles) est un studio de portraits proposé aux habitants de Ban Sam Kula lors de leurs célébrations du Nouvel an en 2010 et 2016. Pour cette situation participative, les villageois étaient invités à se faire photographier devant un tissu turquoise imprimé d’étoiles, très tendance alors dans leur culture.

Les portraits documentent les évolutions du costume des Lissou, qui, avec créativité, métamorphosent leurs tenues traditionnelle en y introduisant textiles et accessoires de la mode globale. Manifestant leur capacité à s’inventer une modernité hybride, ils les campent non comme figés dans le passé, mais comme nos contemporains, reliés aux mêmes réseaux. Lors de deux expositions – L’anthropologue et le photographe à la Friche La Belle de Mai en 2017 et French Connection à la Bangkok University Gallery en 2018, la série a été exposée sous la forme d’un nuage d’images, invitant à lire l’identité actuelle des Lissou comme le produit d’échanges connectés.

Dans Studio Tang Daw, une minorité dite «traditionnelle» apparaît ainsi comme un peuple en mutation, presque extra-terrestre. En thaïlandais, manut tang daw signifie «humanité des étoiles».


Artefacts

Mises en scène photographiques et situations se sont accompagnées de la production de deux pièces tridimensionnelles et d’une installation. Artefact #1 - The Jelly Dress, est une robe lissou sur les épaules de laquelle, avec l’aide de la couturière Asw-ma Ta-mi, ont été ajoutés deux pots de jelly, dessert industriel apprécié des villageoises. Artefact #2 – The Communication Headdress, est une coiffe de femme à laquelle ont été ajoutées diverses pièces mécaniques et électroniques (câbles, diodes, circuits de PC…). Artefact #3 est l’installation lumineuse ayant servi à la situation The Sky Fire Tree.


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2011
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2018
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Studio Dang Daw

Studio Tang Daw (Studio des étoiles) est un studio de portraits proposé aux habitants de Ban Sam Kula lors de leurs célébrations du Nouvel an en 2010 et 2016. Pour cette situation participative, les villageois étaient invités à se faire photographier devant un tissu turquoise imprimé d’étoiles, très tendance alors dans leur culture.

Les portraits documentent les évolutions du costume des Lissou, qui, avec créativité, métamorphosent leurs tenues traditionnelle en y introduisant textiles et accessoires de la mode globale. Manifestant leur capacité à s’inventer une modernité hybride, ils les campent non comme figés dans le passé, mais comme nos contemporains, reliés aux mêmes réseaux. Lors de deux expositions – L’anthropologue et le photographe à la Friche La Belle de Mai en 2017 et French Connection à la Bangkok University Gallery en 2018, la série a été exposée sous la forme d’un nuage d’images, invitant à lire l’identité actuelle des Lissou comme le produit d’échanges connectés.

Dans Studio Tang Daw, une minorité dite «traditionnelle» apparaît ainsi comme un peuple en mutation, presque extra-terrestre. En thaïlandais, manut tang daw signifie «humanité des étoiles».

Situations

Trois situations participatives ont été mises en place pendant le Jour de l’an lissou de Ban Sam Kula en 2010. Pour Situation #1 The Sky Fire Tree, une installation lumineuse de canalisation PVC et de tubes fluorescents entourait un arbre aux esprits autour duquel les Lissou dansent. Les photographies la documentant sont montrées en mur d’images projetées à défilement lent. Situation #2 Exorcising Ghosts est une performance dans laquelle, inversant le contrôle photographique habituel, ce sont les villageois qui photographient l’artiste occidental en train d’être emballé par eux dans du vinyle. La figure évoque ainsi aussi bien un produit de consommation que, pour eux, un fantôme à chasser. Les 36 vues successives de la performance sont montrées en diaporama sur écran. Situation 3 #, un studio photographique, est devenue un série spécifique, Studio Tang Daw.

The Fluorescent People

(2004 • 2019)

Scenes

Minorité montagnarde tibéto-biemane installée au nord de la Thaïlande, les Lissou s’habillent de tenues dont les teintes fluorescentes déjouent notre tentation de les qualifier de « traditionnelles ». C’est de cette observation qu’est né The Fluorescent People, projet tentant une relecture critique de la photographie ethnique. Construit sur des situations participatives, il hybride deux univers à priori opposés : les habitants d’un village reculé, Ban Sam Kula, se retrouvent envahis par d’étranges installations. Tuyaux de pvc, balles plastiques ou pots de jelly composent un espace futuriste dans lequel les Lissou posent ou interagissent, vêtus de leurs costumes quotidiens.

En cadrant les peuples exotiques dans une réserve de temps et d’espace, le cliché ethnographique leur refuse les métamorphoses de l’ère contemporaine. Déroutant ce formatage, les photographies de The Fluorescent People inversent l’approche documentaire habituellement appliquée aux minorités : au lieu d’archiver des modes de vie en perdition, elles sont pensées comme des fictions mettant en perspective la globalisation telles que s’y projettent les Lissou. Elles procèdent pour cela d’une observation participative de leur culture animiste, chaque image en problématisant les mutations : consommation alimentaire, mode, agriculture chimique, trafic d’amphétamines, connexion aux réseaux, exode rural et structure familiale.

Produit de plusieurs années de contacts, de six semaines d’immersion en solo à Ban Sam Kula, et prolongé par des échanges sur les réseaux sociaux, ce projet associe aux images mises en scène des pièces témoignant d’interventions lors du jour de l’an lissou en 2010 et 2016 : performance, situations participatives et artefacts. The Fluorescent People a fait l’objet d’expositions personnelles au Museum Siam, à Bangkok (2011), au Museum d’histoire naturelle de La Rochelle (2012) et, en dialogue avec Marc Augé, à la Friche La Belle de Mai à Marseille (L’anthropologue et le photographe, Printemps de l’art contemporain 2017).


Situations

Trois situations participatives ont été mises en place pendant le Jour de l’an lissou de Ban Sam Kula en 2010. Pour Situation #1 The Sky Fire Tree, une installation lumineuse de canalisation PVC et de tubes fluorescents entourait un arbre aux esprits autour duquel les Lissou dansent. Les photographies la documentant sont montrées en mur d’images projetées à défilement lent. Situation #2 Exorcising Ghosts est une performance dans laquelle, inversant le contrôle photographique habituel, ce sont les villageois qui photographient l’artiste occidental en train d’être emballé par eux dans du vinyle. La figure évoque ainsi aussi bien un produit de consommation que, pour eux, un fantôme à chasser. Les 36 vues successives de la performance sont montrées en diaporama sur écran. Situation 3 #, un studio photographique, est devenue un série spécifique, Studio Tang Daw.


Studio Dang Daw

Studio Tang Daw (Studio des étoiles) est un studio de portraits proposé aux habitants de Ban Sam Kula lors de leurs célébrations du Nouvel an en 2010 et 2016. Pour cette situation participative, les villageois étaient invités à se faire photographier devant un tissu turquoise imprimé d’étoiles, très tendance alors dans leur culture.

Les portraits documentent les évolutions du costume des Lissou, qui, avec créativité, métamorphosent leurs tenues traditionnelle en y introduisant textiles et accessoires de la mode globale. Manifestant leur capacité à s’inventer une modernité hybride, ils les campent non comme figés dans le passé, mais comme nos contemporains, reliés aux mêmes réseaux. Lors de deux expositions – L’anthropologue et le photographe à la Friche La Belle de Mai en 2017 et French Connection à la Bangkok University Gallery en 2018, la série a été exposée sous la forme d’un nuage d’images, invitant à lire l’identité actuelle des Lissou comme le produit d’échanges connectés.

Dans Studio Tang Daw, une minorité dite «traditionnelle» apparaît ainsi comme un peuple en mutation, presque extra-terrestre. En thaïlandais, manut tang daw signifie «humanité des étoiles».


Artefacts

Mises en scène photographiques et situations se sont accompagnées de la production de deux pièces tridimensionnelles et d’une installation. Artefact #1 - The Jelly Dress, est une robe lissou sur les épaules de laquelle, avec l’aide de la couturière Asw-ma Ta-mi, ont été ajoutés deux pots de jelly, dessert industriel apprécié des villageoises. Artefact #2 – The Communication Headdress, est une coiffe de femme à laquelle ont été ajoutées diverses pièces mécaniques et électroniques (câbles, diodes, circuits de PC…). Artefact #3 est l’installation lumineuse ayant servi à la situation The Sky Fire Tree.


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ESSAI

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François Saint Pierre
“L’anthropologue et le photographe”

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2017
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Expositions


Scenes

Minorité montagnarde tibéto-biemane installée au nord de la Thaïlande, les Lissou s’habillent de tenues dont les teintes fluorescentes déjouent notre tentation de les qualifier de « traditionnelles ». C’est de cette observation qu’est né The Fluorescent People, projet tentant une relecture critique de la photographie ethnique. Construit sur des situations participatives, il hybride deux univers à priori opposés : les habitants d’un village reculé, Ban Sam Kula, se retrouvent envahis par d’étranges installations. Tuyaux de pvc, balles plastiques ou pots de jelly composent un espace futuriste dans lequel les Lissou posent ou interagissent, vêtus de leurs costumes quotidiens.

En cadrant les peuples exotiques dans une réserve de temps et d’espace, le cliché ethnographique leur refuse les métamorphoses de l’ère contemporaine. Déroutant ce formatage, les photographies de The Fluorescent People inversent l’approche documentaire habituellement appliquée aux minorités : au lieu d’archiver des modes de vie en perdition, elles sont pensées comme des fictions mettant en perspective la globalisation telles que s’y projettent les Lissou. Elles procèdent pour cela d’une observation participative de leur culture animiste, chaque image en problématisant les mutations : consommation alimentaire, mode, agriculture chimique, trafic d’amphétamines, connexion aux réseaux, exode rural et structure familiale.

Produit de plusieurs années de contacts, de six semaines d’immersion en solo à Ban Sam Kula, et prolongé par des échanges sur les réseaux sociaux, ce projet associe aux images mises en scène des pièces témoignant d’interventions lors du jour de l’an lissou en 2010 et 2016 : performance, situations participatives et artefacts. The Fluorescent People a fait l’objet d’expositions personnelles au Museum Siam, à Bangkok (2011), au Museum d’histoire naturelle de La Rochelle (2012) et, en dialogue avec Marc Augé, à la Friche La Belle de Mai à Marseille (L’anthropologue et le photographe, Printemps de l’art contemporain 2017).

The Fluorescent People

(2004 • 2019)

Scenes

Minorité montagnarde tibéto-biemane installée au nord de la Thaïlande, les Lissou s’habillent de tenues dont les teintes fluorescentes déjouent notre tentation de les qualifier de « traditionnelles ». C’est de cette observation qu’est né The Fluorescent People, projet tentant une relecture critique de la photographie ethnique. Construit sur des situations participatives, il hybride deux univers à priori opposés : les habitants d’un village reculé, Ban Sam Kula, se retrouvent envahis par d’étranges installations. Tuyaux de pvc, balles plastiques ou pots de jelly composent un espace futuriste dans lequel les Lissou posent ou interagissent, vêtus de leurs costumes quotidiens.

En cadrant les peuples exotiques dans une réserve de temps et d’espace, le cliché ethnographique leur refuse les métamorphoses de l’ère contemporaine. Déroutant ce formatage, les photographies de The Fluorescent People inversent l’approche documentaire habituellement appliquée aux minorités : au lieu d’archiver des modes de vie en perdition, elles sont pensées comme des fictions mettant en perspective la globalisation telles que s’y projettent les Lissou. Elles procèdent pour cela d’une observation participative de leur culture animiste, chaque image en problématisant les mutations : consommation alimentaire, mode, agriculture chimique, trafic d’amphétamines, connexion aux réseaux, exode rural et structure familiale.

Produit de plusieurs années de contacts, de six semaines d’immersion en solo à Ban Sam Kula, et prolongé par des échanges sur les réseaux sociaux, ce projet associe aux images mises en scène des pièces témoignant d’interventions lors du jour de l’an lissou en 2010 et 2016 : performance, situations participatives et artefacts. The Fluorescent People a fait l’objet d’expositions personnelles au Museum Siam, à Bangkok (2011), au Museum d’histoire naturelle de La Rochelle (2012) et, en dialogue avec Marc Augé, à la Friche La Belle de Mai à Marseille (L’anthropologue et le photographe, Printemps de l’art contemporain 2017).


Situations

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Mises en scène photographiques et situations se sont accompagnées de la production de deux pièces tridimensionnelles et d’une installation. Artefact #1 - The Jelly Dress, est une robe lissou sur les épaules de laquelle, avec l’aide de la couturière Asw-ma Ta-mi, ont été ajoutés deux pots de jelly, dessert industriel apprécié des villageoises. Artefact #2 – The Communication Headdress, est une coiffe de femme à laquelle ont été ajoutées diverses pièces mécaniques et électroniques (câbles, diodes, circuits de PC…). Artefact #3 est l’installation lumineuse ayant servi à la situation The Sky Fire Tree.


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Expositions


Fractal Table

(2018 – … )

« Sur cette table de dessin industriel, c’est bien le territoire de l’oeuvre qui se déploie en rhizome, voyageant sans cesse entre les mots et les images ».

Héloïse Conesa, entretien pour The Photocaptionist, août 2019

La Table fractale est une table de dessin industriel dont le plateau est recouvert d’une plaque d’acier anodisé, surface sur laquelle différents éléments textuels et visuels, tenus par des aimants et des serre-joints, forment des compositions évolutives. Prototype des pièces à venir, la première d’entre elle a été conçue à partir de l’ancienne table d’un miroitier, et montrée sous cinq versions successives lors de l’exposition Fractal Factory à la Galerie Binome (Paris) fin 2018. De par sa conception versatile et sa potentielle mobilité, elle vise à brouiller les frontières entre studio, table d’exposition et installation.

Pièce centrale de l’exposition Fractal Factory à la Galerie Binome (2018), Fractale Table #01 a été conçue comme un prototype. Sur une ancienne table de dessin industriel mise au rebut par un miroitier a été adapté un plateau couvert d’une feuille d’acier. Comme dans un laboratoire photographique, cette surface permet de fixer par des aimants tirages, transparents et maquettes d’œuvre, superposés à des miroirs. Evolutive – cinq versions successives ont été exposées – et potentiellement mobile, elle vise à brouiller les frontières entre studio, meuble d’exposition et installation.

Si elle a été conçue en lien avec la série Fractal Spaces, elle s’ouvre à la réinterprétation d’autres corpus – images, textes, archives – ayant trait aux bouleversements sociétaux et environnementaux qu’entraine la mondialisation. La transformation de ce mobilier obsolète de l’ère industrielle en une pièce sculpturale convoque en effet différentes références : les lutrins des bibliothèques pré-numériques tout comme les consoles de commande des chaînes d’usine ou les écrans à fenêtres multiples de l’informatique. Sur l’espace de la table, images et textes sont mis en lien, réfractés par les miroirs, et contextualisés par les reflets de l’espace d’exposition et des visiteurs.

Fractal Spaces

(2013 - ... )

Interrogation sur notre rapport à l’ère industrielle et sur sa représentation, Fractal Spaces est un corpus de photographies de paysages périurbains prises à travers d’épais taillis d’arbres, et conçues pour à être montées sur miroir. Après de premiers essais à Lyon en 2013, l’essentiel de la série a été développé en résidence à Moly Sabata – Fondation Albert Gleizes, en 2016. Les images ont été prises dans la vallée du Rhône, région qui, bien que rurale, est également la plus industrialisée de France, à une période choisie : la fin de l’hiver, afin que les arbres soient saisis au tout début de leur bourgeonnement, ceci suggérant qu’il y est question moins de ruine que de mutation.

Les paysages ainsi représentés miment, pour les détourner, les codes établis de la photographie de territoire : usines, zones industrielles, cités HLM, zones commerciales ou pavillonnaires sont représentés à distance, sous un ciel pâle et sans figure humaine. Ces stéréotypes de l’imagerie contemporaine sont mis en doute par deux formes de masquage.

Le premier, la présence de rideaux d’arbres devant l’arrière-plan construit, opère un retournement de perspective : ce n’est pas, comme habituellement dans la photographie topographique, la nature qui est ici altérée, mais bien elle qui guette des espaces industriels menacés. Il s’agit de placer le point due vue du côté du non


Fractal Table

(2018 - ... )

« Sur cette table de dessin industriel, c’est bien le territoire de l’oeuvre qui se déploie en rhizome, voyageant sans cesse entre les mots et les images ».

Héloïse Conesa, entretien pour The Photocaptionist, août 2019

La Table fractale est une table de dessin industriel dont le plateau est recouvert d’une plaque d’acier anodisé, surface sur laquelle différents éléments textuels et visuels, tenus par des aimants et des serre-joints, forment des compositions évolutives. Prototype des pièces à venir, la première d’entre elle a été conçue à partir de l’ancienne table d’un miroitier, et montrée sous cinq versions successives lors de l’exposition Fractal Factory à la Galerie Binome (Paris) fin 2018. De par sa conception versatile et sa potentielle mobilité, elle vise à brouiller les frontières entre studio, table d’exposition et installation.

Pièce centrale de l’exposition Fractal Factory à la Galerie Binome (2018), Fractale Table #01 a été conçue comme un prototype. Sur une ancienne table de dessin industriel mise au rebut par un miroitier a été adapté un plateau couvert d’une feuille d’acier. Comme dans un laboratoire photographique, cette surface permet de fixer par des aimants tirages, transparents et maquettes d’œuvre, superposés à des miroirs. Evolutive – cinq versions successives ont été exposées – et potentiellement mobile, elle vise à brouiller les frontières entre studio, meuble d’exposition et installation.

Si elle a été conçue en lien avec la série Fractal Spaces, elle s’ouvre à la réinterprétation d’autres corpus - images, textes, archives – ayant trait aux bouleversements sociétaux et environnementaux qu’entraine la mondialisation. La transformation de ce mobilier obsolète de l’ère industrielle en une pièce sculpturale convoque en effet différentes références : les lutrins des bibliothèques pré-numériques tout comme les consoles de commande des chaînes d’usine ou les écrans à fenêtres multiples de l’informatique. Sur l’espace de la table, images et textes sont mis en lien, réfractés par les miroirs, et contextualisés par les reflets de l’espace d’exposition et des visiteurs.

Documents relatifs


CRITIQUES ET ENTRETIENS

2019
Héloïse Conesa – Marc Lathuillière
Refracting
The Photocaptionist

PUBLICATIONS

2020
Quelque chose noir, catalogue, Galerie Gradiva

Expositions